Par Jacques Villard chef du gouvernement Pied-Noir

1

Paris, le 13 novembre 2017

L'amitié est la plus sévère école de la vérité, elle n'admet ni le mensonge ni la trahison.

C’est en ces termes que s’exprimait Félicité de Genlis, exceptionnelle femme de lettres française, décédée en 1830, année de la conquête de l’Algérie.

Secrétaire National du Front National des Jeunes Rapatriés, Secrétaire National de la Fédération pour l’Unité des Rapatriés et des Réfugiés, Co-fondateur du Cercle Algérianiste, Président Fondateur de Patria Nostra et de tant d’autres associations en faveur de mon Peuple les Pieds Noirs, fils d’un père assassiné, enfant de Bab-el-Oued, quartier martyr d’Alger, je n’oublie pas et n’oublierai jamais mes parents et mes amis tombés sous les balles de la France, de l’ALN et, bien souvent aussi, sous les balles de leurs propres frères de combat. Ce fut le temps des trahisons.

De Vive l’Algérie Française à Je vous ai compris, je n’oublie pas, non plus, le temps des mensonges.

Des prisons à la torture, des enlèvements aux cercueils, des serments aux valises, des pleurs au sang, j’ai vu massacrer les miens.

Je les ai vus jetés sur Terre, sur Mer et dans les Airs. Je les ai vus prendre la fuite en laissant tous leurs biens. Je les ai vus subir des années de souffrances et de labeurs, de tendresses et de joies. Je les ai vus mourir de froid lors de ce terrible hiver 62-63 qui gela la France jusqu’aux os et jusqu’au cœur. Je les ai vus se suicider. Je les ai vus périr en mer. Je les ai vus tomber, les pieds en sang, d’avoir trop marché pour trouver un logement ou un travail. Je les ai vus affronter leurs cancers. Je les ai vus insultés et lapidés.

Mais j’ai entendu aussi les clameurs haineuses, les mises à mort. J’ai entendu les gémissements de corps martyrisés, de femmes et d’enfants battus, violés, brûlés, de vieillards pleurant sous les crachats. J’ai entendu la désespérance qui accompagnait le spectacle de leurs cadres, pleins de toute leur vie, trempés dans l’eau ou plongés dans la Loire.

Enfin, j’ai entendu les silences de toute la classe politique française et algérienne.

Ce fut la terreur, un carnage, un génocide puis l’exode, l’exil à travers le monde.

Cependant, nous sommes restés debout, dignes et silencieux. Nous avons étudié. Nous avons travaillé durement. Nous avons observé plus d’un demi-siècle de recueillement. Nous avons surmonté plus de passages d’obstacles que nul autre peuple contemporain. Nous avons fait face aux promesses non tenues et au mépris de la parole donnée.

C’est la main tendue, que nous avons, en vain, attendu la justice alors que des hordes entraient chez nous pour voler nos meubles et nos souvenirs.

Les gouvernants de ces deux rives n’ont rien construit de durable en 50 ans, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée.

Tout s’est envolé, les milliards du pétrole et ceux des trente glorieuses.

La France et l’Algérie sont à genoux.

Le Peuple français est confronté à la paupérisation et au chômage et le Peuple algérien à la misère et à l’exode pour survivre.

Tant de sueur, de larmes et de sang pour rien : Heureux sont les martyrs qui n’ont rien vu !

Et, nous ?

Avons-nous pris les armes ? Avons-nous monté des milices pour nous défendre ? Avons-nous commis des massacres ? Avons-nous réclamé les terres perdues ? Avons-nous retraversé la mer pour obtenir justice et vengeance ?

Non, jamais !

La Guerre, qui a duré 8 ans, a opposé la France à l’ALN. L’OAS n’a pas été une affaire de Pieds-Noirs. Deux civils Pieds-Noirs seulement sont apparus dans l’ensemble de l’État-major de l’OAS qui était une organisation militaire française de révolte à la politique d’abandon !

Combien de criminels de guerre d’un côté comme de l’autre ont été amnistiés, à deux reprises, par la puissance publique française en dehors de toutes les lois internationales ?

Nous sommes des femmes et des hommes pacifiques, misant sur le développement de la Paix et sur le développement durable de la Méditerranée. Nous voulons faire refleurir l’amitié et la solidarité qui unissaient jadis tous les peuples de la Méditerranée.

L’avenir de nos enfants et petits-enfants des Deux Rives de la Méditerranée doit être bâti comme celui des Deux Rives du Rhin en oubliant les tourments du passé.

Li fet met ! Le passé est mort ! Laissons les morts enterrer les morts !

Nous venons de créer un Etat pour entrer en Paix au sein du concert des Nations.

Notre Peuple Pied-Noir, notre Nation Pied-Noir ne peuvent mourir.

Nous allons acheter notre territoire. Nous ne sommes pas des voleurs. Nous allons payer nos terres pour la deuxième fois.

Nous allons faire vivre nos enfants chez nous et enterrer nos morts chez nous.

Oui, nous supportons une nouvelle fois des mensonges et des trahisons y compris à l’intérieur même de nos structures, mais nous voyons aussi arriver à nos côtés des européens de toutes les Nations qui ne supportent plus le sort qui leur est infligé au nom du châtiment de Dieu.

Dieu, quel qu’il soit, est clément et miséricordieux. Il ne demande pas que coule le sang.

Si la France veut s’endormir à l’ombre des minarets, pendant que l’on brade ses Eglises, que l’on vend ses Temples, qu’on martyrise ses Synagogues et qu’on crache sur ses Tombes, c’est son droit et nous le respectons.

Nous partons, comme nous l’a conseillé un représentant de la République française nous disant « Allez vous faire voir ailleurs ».

Mais, fidèles au « Chant des Africains », nous reviendrons lorsque le sol de la Patrie sera en danger comme l’ont fait nos grands-pères en 14/18 et nos pères en 39/45.

Le Courage et l’Espérance sont notre Patrie.

Les français libres ne sont-ils pas partis en Angleterre pour revenir combattre et gagner la guerre ?

Nous partons pour ne pas subir, mais nous reviendrons comme La Fayette.

Jacques Villard, Chef du Gouvernement Provisoire Pied-Noir en Exil,

Logo gouvernement PN entête1

Retour LIBRES ÉCRITS CITOYENS- ARTICLES DÉDIÉS